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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Christiane Philippon



Sommaire :
-Le récit de cette nuit tragique
-Un itinéraire, une fidélité
-Les obsèques
-Célébrations
-Anniversaire de la mort de Christiane
-Témoignages

Sœur Christiane nous a quittés brusquement et brutalement dans la nuit du 25 au 26 décembre 2004, sur la route entre Guélengdeng et N’Djaména. Elle était en route pour l’assemblée annuelle des sœurs NDA de la région du Tchad, dont elle était responsable, avec les sœurs Margherita Alberti, Yvonne Boisseau et Monique Soubeiga.

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Le récit de cette nuit tragique

Sr Eileen Cummins, Supérieure Générale
Après Guelengdeng, à moins de 100 km de N’Djaména, Monique aperçoit soudain deux hommes, bien armés, au milieu de la route et une voiture garée sur le bas-côté. Elle crie ; « nous sommes foutues ! » Et immédiatement les balles commencent à tomber sur la Toyota, à droite, à gauche, devant, partout. Christiane, atteinte d’une balle qui lui traverse le cœur et les poumons, meurt sur le coup. Il est possible qu’elle n’ait rien vu puisqu’elle dormait. Les trois autres sœurs sont blessées. La Toyota quitte la route et les hommes partent. L’un d’eux se retourne et tire sur Margherita.
Au crépitement des balles succède un grand silence. Yvonne ouvre la portière et aperçoit du feu sous la voiture. Bien que blessées, elles sortent rapidement du véhicule. C’est alors qu’elles se rendent compte que Christiane, qui ne bouge pas malgré leurs appels, est morte. Les sœurs la sortent de la voiturent et la déposent sur un pagne.
Deux hommes arrivent et cédant aux supplications des sœurs, les aident à éloigner la voiture du feu. Puis d’autres voitures et camions s’arrêtent mais personne ne vient en aide aux sœurs, par peur, sans doute. Ils promettent tout de même d’informer la police. Les policiers arrivent en moto, ils ne peuvent donc pas transporter les sœurs. Margherita reprend le volant jusqu’au poste de police, à 10 km. Une voiture réquisitionnée transporte enfin les sœurs jusqu’à la capitale, où elles sont accueillies, à 9h, et soignées à l’hôpital de la base militaire française.
Après quelques jours d’hospitalisation, Yvonne, blessée à la cuisse, et Margherita, atteinte au menton, dans le dos et au sein, peuvent regagner la communauté de Chagoua, tandis que Monique reste hospitalisée jusqu’au 5 janvier. La voiture est récupérée. On compte 21 impacts de balles sur la carrosserie, sans compter celles tombées sur les vitres, qui sont brisées.

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Un itinéraire, une fidélité

Née le Née le 21 mars 1946 à Saint Privat d’Allier, petit village de la Haute-Loire, Christiane est toujours restée très attachée à sa terre natale qu’elle aimait beaucoup. Entrée dans l’Institut le 10 novembre 1969, elle fait son temps de postulat à Feyzin. Cette période terminée, il lui est proposé de faire son stage apostolique au Tchad et c’est ainsi que le 10 septembre 1970, elle s’envole pour N’DJAMENA (à cette époque FORT- LAMY) où elle est affectée à l’école du Béguinage pour une année scolaire.

Rentrée à Lyon, elle accomplit son temps de noviciat et prononce son premier engagement le 4 novembre 1972. Après avoir préparé et obtenu un B.T.S. agricole, Christiane est prête à partir en Mission et en 1976, elle retourne au Tchad à Bousso, un gros bourg au bord du Chari. Animatrice rurale jusqu’en 1983, Christiane aime aller en brousse rencontrer les paysans. Elle leur donne quelques conseils, ramasse avec eux le coton dans les champs. "Je la vois encore prendre de la terre dans ses mains et leur confirmer qu’ils avaient fait du bon travail." (Sœur Odile Hermann). Elle se consacre à la formation des femmes et des jeunes filles," les aidant à se tenir debout et à prendre leurs responsabilités, en vivant avec elles au quotidien et en les encourageant à plus d’autonomie. Elle a toujours soutenu les plus petits, les plus démunis…" (Sr Odile Hermann) Riche de son expérience vécue avant son entrée en NDA, notamment au M.R.J.C., elle a de très bons contacts avec les jeunes du Tchad et participe activement à la catéchèse, l’animation des Mouvements d’Action Catholique etc. En 1979, Christiane s’engage définitivement dans l’Institut. Cet engagement, à Chanteuges en Haute-Loire donne lieu à une grande fête missionnaire. En septembre 1983, elle est rappelée à Lyon pour l’Animation Missionnaire. Faire connaître le vrai visage de l’Afrique, ses problèmes, ses chances, ses jeunes Églises dynamiques et pleines d’espérance : Christiane se donne pleinement à cette mission dans les écoles, collèges, lycées, paroisses. Pour elle, c’est encore et toujours la "Mission !" En septembre 1986, Christiane retrouve avec bonheur le Tchad et Bousso où elle travaille toujours activement et avec compétence à la promotion féminine. En 1991, elle rejoint N’Djamena car elle a accepté la charge de responsable régionale des sœurs N.D.A. du Tchad.

Nouveau départ en 1994, pour la Côte d’Ivoire cette fois. Nommée Conseillère provinciale de la province d’Afrique francophone, elle réside à Abidjan, mais voyage fréquemment dans les différentes " régions" de la province où sont implantées les Communautés NDA Après ce service de Congrégation, et une année sabbatique bien méritée à Sainte Foy, Christiane, avec beaucoup de joie, retrouve en septembre 2000, le Tchad si cher à son cœur.

Affectée à la communauté de Sarh, elle accepte à nouveau en 2004, avec générosité, la responsabilité de Régionale. Pour Christiane, être au service de ses Sœurs, c’est encore servir la Mission.

Efficace, car ses compétences étaient nombreuses, surtout dans le monde féminin, ouverte et pleine d’espérance, elle avait les pieds sur terre, disait-on d’elle avec un peu d’humour ! Joyeuse et dynamique – n’entendons-nous pas encore ses grands éclats de rire si communicatifs - elle savait mettre partout où elle se trouvait une ambiance fraternelle et pleine d ’entrain. Christiane, une femme de foi, une femme de Dieu, profondément heureuse de servir le Seigneur au Tchad, de se donner avec courage et humilité pour le service de l’Évangile. "Christiane, tu es vraiment une Tchadienne, tu manges de tout, comme nous, avec simplicité, tu peux rester plusieurs jours dans un village sans te plaindre de quoi que ce soit. Une de tes sœurs tchadiennes "Toutes tes Sœurs de la Région gardent dans le cœur ton témoignage de femme debout, fidèle jusqu’au bout."

Engagement définitif le 22 juillet 1979 à Chanteuges- Haute Loire

" Je Te rends grâce et je Te prie avant tout pour mes parents, ma famille qui, jour après jour, m’ont appris à aimer, à prier, à accueillir et à donner. Je Te remercie aussi pour tous les jeunes rencontrés, spécialement dans les équipes M.R.J.C. Ensemble, nous avons essayé de faire passer Ton Évangile dans nos vies de jeunes ruraux…Toi seul, Seigneur, connais les cœurs.

Je Te rends grâce pour la richesse de ces rencontres, pour tout ce que chacun de nous a reçu ou généreusement donné.

Je Te rends grâce pour moi - même, car c’est là qu’est née ma vocation religieuse et missionnaire.

Près de Toi, Seigneur, je ne peux oublier le peuple tchadien qui porte cruellement sa croix. Ce peuple très divers par ses mentalités et ses croyances, mais si proche de Toi.

Merci, Seigneur pour tout ce que j’ai reçu de lui et qui m’a rapprochée de Toi.

Je Te prie intensément : donne-lui de retrouver la Paix, donne - lui de Te connaître davantage.

Et je Te fais cette prière pour moi : donne-moi Ton Esprit Saint. Que là où Tu m’envoies, Tu me trouves toujours prête à dire comme Samuel : " Parle, Seigneur, car ta servante écoute."
Christiane

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Les obsèques

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Le 30 décembre 2005, un grand nombre de prêtres, religieux, religieuses, chrétiens s’étaient rassemblés dans la cour de la communauté de Chagoua pour une longue veillée de prière. Le lendemain, le corps de Christiane a été mis en bière et transporté à la chapelle des sœurs de Chagoua, où il est resté exposé jusqu’à l’heure des funérailles. À 14 heures, un long cortège de voitures s’est dirigé vers l’église Saint Paul de Kabalaye à N’Djaména, où les obsèques ont été célébrées.

Les funérailles de Christiane ont été célébrées en présence d’une foule immense venue de N’Djaména, de Sarh, des religieux et religieuses, de l’ambassadeur de France et de son épouse, des consuls de France et d’Italie. Nos trois sœurs blessées étaient présentes. La veille étaient arrivées Sr Eileen Cummins, Sr Marie-Claire Charles, supérieure provinciale de France, Sr Victoria Zirra, membre du Conseil provincial du Nigéria, ainsi que Monique et Roland, la sœur et le frère de Christiane. Sr Denise Bang’na, provinciale d’Afrique francophone, était également présente, puisqu’en visite au Tchad à ce moment.

Les funérailles ont été présidées par Mgr Mathias N’Garteri, archevêque de Ndjaména, et Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh. Une quarantaine de prêtres concélébraient.

La cérémonie a été très digne et très priante. Malgré la profondeur de nos « pourquoi » et de notre peine, d’un même cœur, nous avons rendu grâces à Dieu pour la VIE de Christiane, une vie entièrement donnée au service de l’Évangile, pour l’Afrique, pour le Tchad. Dans son homélie, Mgr N’Garteri a commenté l’évangile de la Samaritaine, qui a inspiré toute la vie missionnaire de Christiane.

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La cérémonie achevée, nous avons accompagné notre sœur au cimetière de Farcha, où elle repose près de sœur Francine Latulippe, décédée en 1998. La famille de Christiane avait apporté un peu de terre de son village natal, qui fut mélangée à la terre tchadienne. Christiane avait donné sa vie pour l’Afrique. Que son corps déposé en terre tchadienne soit une pierre de fondation dans l’édification de la paix en ce pays, marqué par l’insécurité et la violence.

Une vie n’a de sens que si elle est donnée. Avec Christiane, poursuivons notre route avec le courage que donnent l’espérance et l’audace, fruits de la Foi.

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La tombe de Christiane à N’Djaména, 2006
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HOMELIE DE MONSEIGNEUR MATHIAS N’GARTERI, archevêque de N’Djaména

« La femme, alors, laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens : venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » ( Jean 4, 28-29)

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Chers frères et sœurs,cette parole a marqué toute la vie de Christiane, elle a peut-être été à l’origine de sa vocation missionnaire chez les Sœurs de Notre Dame des Apôtres. Jésus va délibérément en terre considérée comme païenne pour évangéliser. La première personne " païenne" est cette femme qui a tout de suite compris que Jésus est un Juif, donc un étranger, presque un ennemi. Il est hors de question qu’elle adresse la parole à Jésus. Celui-ci rompt le silence ; il va faire tomber les barrières : barrières entre Juifs et Samaritains, barrières entre hommes et femmes…Il le fait, parce qu’Il a déjà brisé les barrières entre terre et ciel, dans le Mystère de Noël que nous venons de célébrer. Il se fait l’obligé de la femme et lui dit : " Donne-moi à boire." Ces mots : donne et donner, reviennent neuf fois en quelques lignes dans une perspective de réciprocité, pour signifier que Jésus qui est don du Père, attend la réponse des hommes et des femmes à son appel. C’est de cette réponse qu’Il a soif. Jésus est mendiant d’Amour : "Donne-moi à boire" supplie-t-Il. Dans la lettre aux Corinthiens que nous venons d’écouter, Paul nous décrit la méthode et le chemin que Jésus s’est imposé : "L’amour prend patience, l’amour rend service ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; l’amour supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout". Il a fallu tout cela pour que la Samaritaine découvre que Jésus est le Messie, Il est source d’eau qui donne la vie éternelle. Celui qui boit de cette eau a la vie de Dieu, Dieu est en lui et il adore Dieu en Esprit et en Vérité."L’heure vient où les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité". Jésus veut faire comprendre que c’est le don de l’Esprit qui va permettre de connaître et d’adorer Dieu comme Père. Et c’est à cette femme pécheresse, à cette femme étrangère que Jésus fait la première révélation de sa qualité : " Moi qui te parle, je suis le Messie qui doit venir". Transfigurée par cette révélation, elle oublie son canari devant le puits ; l’eau matérielle ne l’intéresse plus ; elle devient elle-même une source d’eau vive et elle court à la ville et devient évangélisatrice de sa ville. Cette femme étrangère, païenne, devenue disciple du Christ, ouvrant ainsi l’évangélisation et le salut à toutes les nations de la terre a marqué toute la Congrégation des Sœurs N.D.A C’est ainsi qu’en 1947, alors qu’elles étaient missionnaires au Liban, elles ont répondu à l’appel du Christ pour venir au Tchad. Elles sont les premières femmes missionnaires au Tchad. Cette femme païenne, étrangère, devenue disciple du Christ et missionnaire a bouleversé la vie de Sœur Christiane. Elle décide d’être missionnaire et entre en religion chez les Sœurs N.D.A. Elle voit en cette femme le modèle accompli du disciple et de l’apôtre, l’envoyé : Le long cheminement dans l’accueil de l’autre et de la différence. La recherche de Dieu dans la vérité et l’ouverture à l’autre ( Jésus)
-  Le don de soi comme geste ultime de l’amour : elle laisse sa cruche et va chercher les autres pour les sauver. Toute la vie de Sœur Christiane sera portée par ces attitudes : Le choix d’être missionnaire au Tchad est un acte délibéré de sœur Christiane : comme le Christ, elle a choisi d’aller dans ce pays pour la première annonce de l’Évangile : le Tchad, ne l’oublions pas, est le dernier pays à recevoir la lumière de l’Évangile en 1929. La sœur Christiane est venue au Tchad quatre fois : 1970,1976,1986 et 2000. Elle ne l’a jamais quitté et elle ne quittera plus jamais ce pays. Elle ne quittera jamais l’Afrique, c’est son pays, son continent. Les Tchadiens disent d’elle : " C’est une vraie Tchadienne : elle fait tout comme nous, mange avec joie tout ce que nous mangeons sans jamais manifester le moindre dédain ou dégoût. Elle va au champ, elle est capable de vivre dans les villages des semaines." Les prêtres et laïcs tchadiens disent : " C’est une vraie africaine : accueillante, respectueuse, ouverte, douce et toujours souriante." Comme la Samaritaine, elle a compris que c’est dans la prière, dans l’adoration en vérité qu’on découvre Dieu comme Père et elle en a témoigné. Quand la Sœur Christiane est en prière, on voit, disent ses consoeurs, que c’est une" femme de foi, une femme de Dieu." C’est ce Dieu et ce Dieu de Jésus-Christ seulement que Soeur Christiane a apporté aux Tchadiens : c’est la définition même du vrai missionnaire. Elle ne nous apporte ni la France, ni l’Europe, mais l’Évangile. Ce qui a touché Sœur Christiane dans l’Évangile de la Samaritaine, c’est l’oubli de soi, le don de soi pour aller annoncer à ses concitoyens la Bonne Nouvelle."La femme alors, laissa là sa cruche, courut à la ville et dit aux gens : venez voir…Ne serait-il pas le Christ ? " Elle est venue, elle a annoncé ce Jésus aux Tchadiens et aux Africains jusqu’au bout : elle a tout donné. " Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime." Merci Soeur Christiane. Comme les habitants de Sychar, nous, Tchadiens tes frères et sœurs pouvons te dire : " Ce n’est plus sur tes dires que nous croyons ; nous l’avons nous-mêmes entendu et nous savons que c’est vraiment Lui le Sauveur du monde." Nous te promettons de porter cette bonne nouvelle à notre tour, à toute la terre. Va en paix, là où est ton Seigneur et intercède auprès de Lui pour nous. Amen.

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MESSAGE DE SŒUR EILEEN CUMMINS, Supérieure générale de l’Institut, lu à la fin de la célébration des obsèques de Sœur Christiane, le 31 décembre 2004 C’est dans le silence que l’on exprime les sentiments les plus profonds…Et c’est ainsi que nous nous sentons tous et toutes en pareille circonstance…Que pouvons-nous dire en ce moment ? Comment expliquer cette mort soudaine et tragique de notre sœur Christiane Philippon ? C’était le jour de Noël, quand nous célébrions la paix et la joie de la naissance du Christ…Puis, soudainement au matin du 26 décembre tout cela s’est changé en deuil et en tristesse. En un instant, la naissance du Christ et sa mort se sont unies. Nous sommes tentés de poser la question : POURQUOI…Pourquoi cela est-il arrivé à Christiane qui a choisi de quitter sa famille et sa mère en France pour venir au Tchad, vivre et partager le message évangélique avec ses frères et sœurs à Sarh, parmi les femmes, les fermiers, les communautés de base et dans les activités paroissiales ? Christiane était là où il y avait un besoin, prête à se donner et à offrir ses services aux autres…Et nous continuons à demander POURQUOI ? Qui sait ? Dieu sait …Que la volonté de Dieu soit faite et que Dieu nous donne la grâce et la force d’accepter sa volonté et son dessein dans des circonstances si difficiles. Et maintenant Christiane, au nom des Sœurs N.D.A., partout dans le monde, nous te laissons partir vers la maison du Père qui t’a créée, au Fils qui t’a rachetée et à l’Esprit Saint qui t’a sanctifiée. Nous te laissons rejoindre toutes les soeurs N.D.A. qui sont déjà parties vers le Seigneur. Christiane, nous te remercions pour ta vie et tes services donnés depuis que tu es rentrée dans l’Institut N.D.A. il y a environ 32 ans. Nous remercions ta famille de t’avoir donnée si généreusement à la Mission en Afrique, particulièrement au Tchad. Et à ceux qui ont commis ce crime mystérieux et terrifiant le jour de Noël, nous disons les mots de Jésus " Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ". Merci à toutes d’être ici avec nous aujourd’hui pour accompagner notre Sœur à sa dernière demeure. Je voudrais dire un mot très spécial de reconnaissance à Monseigneur Mathias N’Gartéri pour votre appui merveilleux durant cette semaine. Sans vos démarches, il ne serait pas possible au frère de Christiane, à sa sœur, à Sœur M.C. Charles, la supérieure provinciale de France et à moi-même d’être ici aujourd’hui. Nous n’oublierons jamais votre coopération et votre appui. Merci beaucoup. Ma reconnaissance va aussi au Diocèse de Sarh, à Monseigneur Edmond Djitangar, à la paroisse, à tous les collaborateurs et aux amis qui ont connu et travaillé avec sœur Christiane. Merci à vous tous et toutes.

Du pape Jean Paul II à Sœur Eileen, Supérieure Générale :
Informé de l’agression violente récemment perpétrée au Tchad contre quatre membres de votre Institut, blessant trois religieuses et tuant Sœur Christiane Philippon, le Saint Père m’a chargé de vous exprimer sa vive émotion et de vous assurer de sa proximité spirituelle. Sa Sainteté demande au Dieu de la Paix d’accueillir la défunte dans son Royaume de Lumière, priant aussi pour sa famille et pour tous ceux qui la pleurent.
En souhaitant aux religieuses blessées un prompt rétablissement, le Pape vous recommande ainsi que toutes les religieuses de votre Congrégation, à Notre Dame des Apôtres et, en gage de réconfort, il vous accorde à toutes, ainsi qu’à la famille de Sœur Philippon, une particulière bénédiction apostolique.
Cardinal Angelo SODANO, secrétaire d’État de sa Sainteté

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Célébrations

A Sarh, le 31 décembre 2004

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homélie de Mgr Charles Vandame, Archevêque émérite de N’Djamena (extraits).

[…] Le Seigneur nous avait comblés en nous donnant Sœur Christiane. Il nous l’a reprise. Ses dons ne sont pas diminués pour autant. Ils sont au contraire augmentés. Et cela de diverses manières : Tout d’abord l’exemple que nous a laissé Sr Christiane reste une lumière pour nous. Elle nous montre la route. La fécondité de sa vie continue. Et puis, comme le disait d’elle-même la petite Thérèse : du haut du ciel, Christiane passera son temps à faire du bien sur la terre en priant pour nous. Dans la foi, nous savons et nous croyons, et nous en sommes sûrs : Dieu nous a comblés en nous donnant Christiane. Il veut nous combler davantage encore en nous la reprenant. Comment ? Nous ne le savons pas mais nous le croyons. Nous n’avons pas à chercher à comprendre le comment, nous comprendrons plus tard. C’est le secret de Dieu. Enracinons-nous dans la foi. Et vous, les jeunes filles qui avanciez avec Christiane, soyez-en sûres : le Seigneur en vous la reprenant veut toujours vous combler. Bien plus et bien mieux que vous pouvez le désirer et même l’imaginer. Et puis n’oublions pas, comme je le disais, que le temps de l’épreuve est inséparablement un temps de grâce. La mort de Christiane nous déstabilise, elle nous désécurise. Elle nous renvoie à notre propre fragilité. Nous nous sentons faibles. Nous constatons que les personnes ou les choses sur lesquelles nous nous appuyons peuvent nous abandonner. Nous voilà sans appui. Nous sommes pauvres et nus. Temps de passage du Seigneur. Temps de dépouillement, de purification. Temps de vérité. Notre seul appui, c’est le Seigneur. Notre seule espérance, c’est le Seigneur. […] Le Seigneur est désormais plus proche que jamais. Abandonnons-nous à Lui dans la foi. […]

A Siaugues, en Haute-Loire, le 8 janvier.

La maman de Christiane, son frère, ses sœurs, toute la famille, des sœurs NDA et de très nombreux habitants et amis de la région participaient à l’Eucharistie célébrée à sa mémoire.

Sr Odile Hermann donne son témoignage

J’ai rencontré Christiane pour la première fois en 1969, rue des Aqueducs, où elle vivait, avec d’autres jeunes, son temps du Noviciat. J’ai été frappée par son dynamisme et tout un vécu qu’elle portait en elle et qui lui venait de son expérience avec les jeunes : mouvements de jeunes de son village, de son secteur pastoral dans son pays natal. Elle avait une façon de raconter ce qu’elle avait vécu qui donnait envie de découvrir ce qui la faisait vivre et de savoir ce qui avait motivé son entrée chez les N.D.A. […] En 1970, Christiane est envoyée au Tchad, où je me trouvais depuis un an. Elle fut affectée à N’Djamena, à l’école du Béguinage. J’étais à Chagoua, sept kilomètres plus loin. Plusieurs fois dans la semaine nous avions l’occasion de nous rencontrer. Je repense aux repas pris ensemble, au partage de tous ces temps de prière et de réflexion communautaires, ces soirées de scrabble, les fous-rires, les histoires de toto, les danses au son du tam-tam, les promenades le long du fleuve Chari ! J’ai vécu avec elle, à Feyzin, son premier engagement et j’étais aussi à son engagement perpétuel quelques années plus tard. […] Christiane a toujours été une femme de vérité. En tant que sœur de N.D. des Apôtres, elle a souvent eu le courage de la parole qui bouscule ou dérange, invite les autres à avancer. Elle aimait être en cohérence avec elle-même et avec sa foi, et en tant que telle, elle ne se payait pas de mots. L’amitié comptait aussi pour elle. Malgré la distance, entre elle en Afrique et moi en France, nos liens sont toujours restés vivants. Christiane avait le souci d’une vraie justice pour tous et elle a toujours soutenu les plus petits, les plus démunis. Elle a en particulier aidé les femmes tchadiennes à se tenir debout et à prendre leurs responsabilités, en vivant avec elles au quotidien et en les encourageant à plus d’autonomie. […]

La paroisse de Sainte-Foy lès Lyon le 12 janvier

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Intervention de sœur Marie-Claire Charles, provinciale de France

" Ce soir, c’est sœur Christiane PHILIPPON qui nous réunit en cette église de Sainte Foy, pour vivre ensemble ce temps de recueillement et de prière. Au nom de toutes mes sœurs de la province de France, de la province d’Afrique et au nom de notre Supérieure Générale, je vous remercie d’être venus très nombreux partager notre douleur, mais aussi notre espérance. Merci pour les innombrables messages d’amitié, de soutien dans la prière, que vous nous avez adressés. Ils ont été pour nous un très grand réconfort, au moment où nous étions fragilisées par le deuil…[…] Christiane a risqué sa vie jusqu’au bout, au nom de l’Évangile, au nom de l’amour. Frappée en plein cœur, elle est tombée en terre tchadienne, silencieusement, sans bruit, sans une parole, comme un fruit mûr ou comme un grain de blé appelé à porter de nombreux fruits. " Par où je suis passé, vous passerez aussi" nous dit Jésus. Si nous sommes encore sous le choc, tristes et désemparées, nous savons aussi qu’une vie missionnaire, à la suite du Christ, implique un engagement radical, un don total de sa vie, dans le goutte à goutte quotidien, et qu’elle n’exclut ni la mort violente, ni le martyre, sans pour autant les rechercher. Il s’agit de tenir sa lampe allumée, d’être prêt pour le grand rendez-vous. Christiane était prête en ce matin du 26 décembre. Avec sa communauté et tous les chrétiens de SARH, elle avait célébré dans la pauvreté, mais dans la joie et l’espérance, la venue de Jésus parmi les hommes nous donnant sa vie par amour. Dans la voiture, Christiane et les Sœurs qui l’accompagnaient avaient chanté, prié, fait mémoire des fêtes de Noël en famille. Elles étaient joyeuses, Christiane toujours en tête pour la gaieté et la bonne humeur. Que son corps, déposé en terre tchadienne, soit comme une pierre de fondation dans l’édification de la paix en ce pays marqué par l’insécurité. Mais nous le savons, seul l’amour du prochain, fondé sur le pardon peut favoriser la construction de la paix. […] Je crois et je souhaite de tout cœur que le don que Christiane a fait d’elle-même à l’Afrique et au Tchad soit pour tous, objet de réflexion et de conversion. Qu’il se transforme en fruits de réconciliation nationale, d’unité, de dignité, de respect d’autrui, de solidarité, de justice pour tous…Que sa vie devienne pour le peuple Tchadien un soutien et un modèle face aux défis auxquels ce pays doit faire face en ce moment. Loin de décourager nos sœurs du Tchad et de toute notre Congrégation, cet événement tragique nous confirme dans notre choix de vie auprès des populations pauvres de nos sociétés et particulièrement en Afrique et nous aide à mieux comprendre cette parole de Jésus : " Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ". Oui, nous sommes convaincues qu’une vie n’a de sens que si elle est donnée. L’exemple de Christiane permettra peut-être à des jeunes de s’engager à leur tour pour découvrir toute la beauté d’une vie donnée au service de l’Évangile. Que son sang versé en terre tchadienne, éveille dans leur cœur le désir de se mettre en route dans l’enthousiasme de leur jeunesse et avec générosité. […] Avec le frère et la sœur de Christiane représentant la famille aux funérailles de N’Djamena et sur les conseils de l’Ambassadeur de France, nous avons écrit au Président de la République tchadienne, que nous n’avions pas l’intention de déposer une plainte, tout en souhaitant que la justice suive son cours et fasse toute la lumière sur cet événement tragique. Nous lui avons exprimé notre opposition formelle à la peine de mort pour les coupables, selon la loi en vigueur au Tchad – ceci au nom de notre foi en Dieu et par respect pour Christiane, apôtre, elle aussi de la non-violence évangélique. Et maintenant, Christiane, en cette Eucharistie célébrée en ta mémoire, nous voulons te dire" merci." Merci pour l’exemple de ta vie, pour ton chemin de fidélité et d’amour avec le Seigneur. Merci de mettre en lumière ce que veut dire " risquer sa vie pour Dieu" et" vivre pour un Autre". Il semble que tu avais encore tant à donner, tant à recevoir aussi des femmes et des jeunes filles auprès de qui tu travaillais. Mais Dieu, nous en avons la ferme confiance, veillera sur ce grain que tu as semé avec tant de persévérance. Toi, tu as vécu ta Pâque, mais tu restes vivante dans nos cœurs. Maintenant, tu vois Dieu face à face. Obtiens pour nous la grâce de ne jamais baisser les bras devant l’adversité et de chercher toujours à vaincre le mal par le bien. Aide-nous à poursuivre notre route avec le courage et l’audace que donnent l’espérance et la foi, avec Marie, Mère de Jésus, Notre- Dame des Apôtres."

Au Carmel de Vals-près-le-Puy, le 5 février, où réside la sœur carmélite de Christiane.

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Anniversaire de la mort de Christiane

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Célébration du 19 novembre 2005 à Saint Arcons, village d’enfance de Sr Christiane.

Prière universelle, composée par la famille de Christiane Le Seigneur déclare : je veillerai sur le troupeau, je soignerai celle qui souffre. Prions pour ceux qui vivent dans la pauvreté et l’exclusion, pour ceux qui ont perdu l’espérance et la joie de vivre, afin qu’ils trouvent des personnes qui les accueillent et les soutiennent dans leurs épreuves.
Le Seigneur dit : Allez enseigner les nations ! Christiane avait répondu à cet appel. Demandons-lui d’intercéder auprès du Seigneur pour que d’autres jeunes assurent la poursuite de la mission.
En Afrique, nombreux étaient les jeunes qui avaient travaillé avec Christiane. Que son image reste présente auprès d’eux et qu’ils continuent à témoigner de sa foi et de son amour pour tous.
Comme Charles de Foucauld, Christiane a partagé le même amour pour ses frères et sœurs musulmans. Prions pour que le sacrifice de leur vie soit une source d’espoir.

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Témoignages

De nombreux témoignages nous sont parvenus. Tous évoquent sa joie missionnaire, son amour du Tchad, sa disponibilité à tous, sa proximité avec « les plus petits ». Tous disent la joie d’avoir rencontré Christiane.

Père Joseph HUET – Jésuite
" Je n’oublierai jamais tout ce que nous avons vécu ensemble le Père André Martin et moi-même à Bousso. Sœur Christiane a témoigné d’un grand courage dans des moments difficiles et elle n’a jamais baissé les bras. Elle a continué l’œuvre à accomplir auprès des petits, des enfants, des femmes et des cultivateurs."

Père Franco MARTELLOZZO – Mongo-Tchad
Je viens de rentrer de ma tournée de Noël et j’apprends la nouvelle que ma sœur Christiane est tombée sous les balles et que ses camarades sont blessées. Après un moment de profonde angoisse, j’ai pu prier pour elle et alors j’ai senti qu’elle est dans la paix. Elle m’est apparue joyeuse comme dans les plus beaux jours et c’est comme cela qu’elle se fixe dans ma vision intérieure. Alors je me trouve à la prier pour qu’elle essuie les larmes de ses parents et de ses Sœurs. Que son sourire nous accompagne pour le reste de notre voyage et que nous puissions la rencontrer dans la joie parfaite.

La communauté NDA de Sarh
Christiane, une femme de foi, une femme de Dieu, profondément heureuse de servir le Seigneur au Tchad, de se donner avec courage et humilité pour le service de l’Évangile. Elle avait un sens très aigu de la justice, du devoir, de la vérité, une grande exigence pour elle-même et de la compassion pour les autres. Christiane était une sœur très stimulante en communauté, dont elle était la responsable attentive aux moindres de nos signes de fatigue, pour nous redonner de l’élan par un sourire, un soupir complice, une petite blague, un souvenir de son Auvergne natale, un regard encourageant. Christiane était très humaine, très proche des gens, de tous, sans faire acception des personnes. Elle aimait nous dire : "Le sens de notre présence missionnaire se découvrira à la manière dont nous savons accueillir ceux et celles qui viennent à nous. Qu’ils viennent à pied, en vélo, en moto, en voiture, allons à leur rencontre avec un vrai sourire. Écoutons-les, accueillons-les comme nous accueillons Jésus". Elle aimait aller rendre visite aux personnes, chez elles, dans les quartiers. Christiane avait un sens très fort de la présence de Dieu. Elle préparait avec soin les Offices, les temps d’adoration en communauté. Nous aimions la voir faire oraison à la Chapelle, chaque jour, devant le Saint Sacrement. Elle aimait chanter, chanter pour Dieu. Elle chantait aussi de toute sa vie dans la pastorale de la famille, le suivi des Communautés Ecclésiales de Base (CEB), les rencontres des aspirantes NDA et dans tant d’autres engagements où elle se révélait une femme joyeuse, dynamique, qui inspirait confiance.

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Krata Koulngar Eugénie, SARH, sœur de Sr Léa Koulngar, NDA
Chère Grande Sœur,
Je vous avais connue à Sarh, dans la communauté des Sœurs de N.D. des Apôtres où vous vous faites accompagner chez nous par d’autres Sœurs de la Congrégation. Je vous y avais remarquée par votre visage souriant et rayonnant par lequel je découvrais déjà votre sympathie. Je me rappelais déjà des fois où je vous rejoins à la cathédrale dans votre petit coin, causant sur la santé de la famille, et aussi dans la voiture faisant route vers les Rôniers pour le Conseil Pastoral Diocésain. Avez-vous déjà oublié votre temps d’animation des prières lors de cette rencontre ?
Vous aviez l’habitude de nous rendre visite à Noël et dès qu’il y a cas de maladie, n’est-ce pas ? Mais pourquoi avez-vous refusé ce vendredi 26 décembre de venir nous voir ? Même pour le papa qui était gravement malade, où étiez-vous ? Le 23 décembre, vous m’avez dit " au-revoir " et pourquoi aujourd’hui cet " au-revoir " s’est traduit en un " adieu ? " N’est-ce pas vous qui aviez pris des fleurs avec moi pour la maison ? Et ces fleurs, elles se fanent. Ne les avez-vous pas vues ? Et papa et maman, et les frères et sœurs, tous ont le regard toujours tourné vers le portail, attendant votre arrivée, mais à quand ? Vos courriers sont là plein à la Procure, venez les chercher ! Il est même temps de vous rendre à la communauté. Les fidèles et les consoeurs vous attendent patiemment à l’église.
Sœur Léa arrivera bientôt et elle aura besoin de vous pour ses séjours. Vous allez revenir à elle n’est-ce pas ? Mais, dites-nous, est-ce pour répondre à cet appel définitif que vous avez fait ce choix de vous rendre à N’Djamena ? Non, ce n’est pas possible que vous partiez sans nous dire mot. Regardez nos peines et nos douleurs, nous vous appelons et vous n’entendez pas. Nous désirons encore revoir votre visage plein d’amour fraternel et de compassion, votre visage souriant. Pourquoi cette séparation brusque, prématurée, sans une salutation d’amour ? Vous nous avez quittés, laissant un grand fossé, un grand vide assez difficile à combler au profond de nos cœurs. Unanimement, nous disons simplement que vous avez su plaire à Dieu et Dieu vous a aimée. Je vous invite à lire dans Sagesse 4, 7-15 " Quant à elle, même si elle meurt jeune ou avant l’âge, la dignité ne vaut ni dans la vieillesse, ni au grand âge. Pour nous, hommes, la sagesse dépasse les cheveux blancs et une vie sans tache vaut mieux qu’un âge avancé. Ainsi, nous avons vu une femme qui a su plaire à Dieu et Dieu l’a aimée. Elle vivait parmi des gens mauvais et Dieu l’a retirée. Il l’a enlevée pour que les mauvaises influences ne puissent égarer son âme, ni troubler un cœur innocent. Arrivée à destination en peu de temps, sa manière de vivre a su plaire au Seigneur et, celui-ci sans attendre l’a retirée d’un monde mauvais. Les gens ont vu cela sans comprendre. Ils ne se sont jamais rendu compte que Dieu accorde à ses élus grâce et miséricorde et qu’Il veille sur eux. Christiane PHILIPPON intercédez pour nous auprès du Père. Votre petite sœur Krata Koulngar Eugénie.

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Katherine et Arnaud SOURTY couple engagé à la Fraternité Laïque Missionnaire de Chaponost _ " Christiane, nous la connaissions peu et pourtant nous l’avions choisie pour être notre témoin de mariage. C’était il y a 20 ans. Car pour nous elle a été d’emblée un TEMOIN, Témoin de l’Amour de Dieu et surtout Témoin de la Joie de Dieu. Quand nous l’avons connue, elle était en France pour l’Animation Missionnaire. Quelle animation ! Elle ponctuait toujours nos discussions de son rire. Un rire franc et contagieux, jamais moqueur. Avec cette joie qui la caractérisait, elle nous a transmis le virus de la Mission, donné cet élan qui nous pousse vers l’autre, l’étranger. Toute la richesse qu’elle avait reçue des Tchadiens, elle a su nous la faire découvrir. Christiane était une femme rare, vraie, humaine, proche des petits, absolument à l’aise dans ses sandales de missionnaire, croyant à fond en ce Dieu de miséricorde qui élève les humbles. Christiane fait partie des témoins que Dieu a mis sur notre route."


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