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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Danièle Billottet, de retour d’Algérie


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Les Sœurs de Notre Dame des Apôtres au cœur du quartier Sainte Foy-lès-Lyon

La maison d’accueil des Sœurs de N.D. des Apôtres est située dans un quartier de la ville de Sainte Foy-lès-Lyon, appelé « L’Hormet-Le Fort-Clémenceau » du nom des principales rues qui le délimitent. Il y a une vingtaine d’années, le P. Boulanger avait structuré la paroisse du Centre dont il venait d’être nommé curé, en groupes de quartier. Tout naturellement la communauté des Sœurs de N.D. des Apôtres fut partie prenante de cette organisation et bientôt leur maison devint le lieu de rencontre de notre groupe.

Les groupes de quartier ont pour mission d’être des relais de la paroisse au plus près des réalités géographiques, et vice versa, et aussi de créer des lieux de réflexion et de prière.

Les contenus des rencontres de notre groupe ont varié au gré des circonstances et des problèmes posés. Depuis quelques années, nous nous attachons surtout à partager la recherche personnelle de chacun(e) sur le passage d’évangile qui sera celui de la liturgie du dimanche suivant notre réunion. Cet exercice nous incite à aller un peu plus avant dans la connaissance du Message de Jésus mais aussi des auteurs de chaque Évangile avec les thèmes spécifiques qui sont les leurs. Il nous prépare également à mieux participer à la messe du dimanche dont nous assurons l’animation à tour de rôle avec les autres groupes.

Cependant, nous essayons aussi de rester en lien avec les activités proposées par la paroisse ou le diocèse. Ainsi, le cardinal Barbarin a demandé au diocèse que cette année 2006 soit l’année de « la Mission ». Nous avons donc décidé de consacrer une de nos rencontres à ce thème et les Sœurs, dont la vocation est d’être missionnaires, ont accepté d’assurer l’organisation de cette rencontre.

Cette rencontre a eu lieu le 23 janvier dernier. Nous avons pensé qu’elle pourrait être ouverte au plus grand nombre. En effet, elle comportait une vidéo sur les missions d’Afrique, réalisée par la Société des Missions Africaines de Lyon et le témoignage de Sœur Danièle de retour de 32 ans de « présence » en Algérie. À propos de Sœur Danièle, nous préférons parler de « présence » plutôt que de « mission » car, autant dans certains pays de l’Afrique subsaharienne comme le montrait la vidéo, l’Eglise a des structures d’ « annonce », des catéchistes, des communautés locales, un clergé local, autant en Algérie, la mission est essentiellement une présence, plus silencieuse à la manière du P. de Foucauld et, dans la plupart des cas, étrangère.

Nous nous sommes retrouvés une quarantaine de personnes, très intéressées par les commentaires et les témoignages. De nombreuses questions furent posées par l’assistance car les problèmes que rencontrent les missionnaires en Afrique se retrouvent désormais en France par le phénomène de l’immigration.

Nous avons découvert que la réflexion qui guide la Mission aujourd’hui n’est plus tout à fait la même qu’autrefois. On parle aujourd’hui :
-  d’inculturation plus que de conversion,
-  d’accompagnement plus que de prise en charge.
-  On parle aussi beaucoup d’accueil et cela est une invitation directe, à nous Français, à l’accueil de ces Africains et Maghrébins qui sont de plus en plus nombreux dans notre pays. Cette question de l’immigration a, bien sûr, été abordée avec les problèmes qu’elle pose, mais avec une approche dépassionnée et un appel à la générosité.

Les questions ont aussi porté sur les relations avec le monde musulman. Sur ce sujet, le témoignage de Sœur Danièle a été particulièrement impressionnant. Elle a évoqué les années douloureuses que vient de vivre l’Algérie et le prix qu’ont payé les chrétiens : l’assassinat des moines de Tibhirine, de Mgr Claverie, la mort de deux religieuses de sa congrégation et d’autres.

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Mais elle a aussi témoigné de l’amitié des populations et des personnes avec qui elle travaillait, des gens qui l’ont protégée, de femmes algériennes qui ont gardé intacts des lieux où avaient vécu et travaillé des religieuses. Pour Sœur Danièle, la « mission » en milieu musulman est ramenée à l’essentiel, c’est-à-dire à une présence dans le service des autres et la prière. Il est dangereux -et interdit- de faire un quelconque prosélytisme. Elle dit même avoir refusé de distribuer des évangiles à ceux qui le demandaient par curiosité. Elle craint le prosélytisme des sectes évangélistes dont l’action risque de déclencher à nouveau des réactions de rejet. Elle constate que, contrairement à l’Église subsaharienne bien implantée localement, l’Église visible d’Algérie est composée presque uniquement de prêtres, religieux et religieuses et de quelques chrétiens venus d’ailleurs, d’Afrique ou du Moyen Orient. Il existe pourtant, autour de cette Eglise visible, un cercle « local » aux contours difficiles à délimiter, d’amis, de sympathisants touchés par l’Évangile, et même de baptisés.

Cependant une vraie voie d’espérance est ouverte. Certaines personnalités disent aux chrétiens que leur présence est essentielle pour l’Algérie. Ils les considèrent comme la « petite pierre » qui empêche la société musulmane de se refermer sur elle-même, comme la cale que l’on place dans l’ouverture d’une porte pour qu’elle ne se referme pas. Cette image est un des signes de la reconnaissance de l’œuvre qui s’accomplit.

Nous remercions la communauté des Sœurs de N.D. des Apôtres de nous avoir donné ces témoignages. Après les avoir entendus, nous ne pouvons plus seulement considérer la « mission » comme « extérieure ». Elle nous concerne parce que nous sommes, désormais en France, en relations avec ces populations venues d’ailleurs. Elle nous concerne aussi parce qu’elle nous ramène à l’essentiel du témoignage chrétien, là où nous sommes.

Pour le groupe de quartier, Michel et Bernadette.

En date du : 2 mars 2006


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