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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Hommage à soeur Marie-Claire Charles


Sœur Marie-Anne Ménard, Provinciale de France

Marie Claire,

Tous ceux et celles que tu as aimés : ta famille dont tu étais si proche et qui t’a si affectueusement entourée durant ta maladie, tes Sœurs de N.D. des Apôtres, tous ceux et celles dont tu as croisé le chemin un jour ou l’autre, nous voici tous rassemblés, nombreux autour de toi ce matin.

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Au-delà de notre peine, nous voulons te rejoindre dans la joie qui est la tienne maintenant. C’est ce que tu voulais et tu l’as écrit au début de cette célébration que tu as toi-même préparée voici quelques mois déjà : « Que la joie domine, puisque je vais à la rencontre de Celui qui est toute ma vie, pour un face à face éternel. »

Beaucoup d’entre nous t’ont accompagnée dans cette traversée longue et douloureuse, parfois dans la nuit et dans les larmes, mais la porte s’est ouverte au bout du chemin, au bout de ton chemin et la Lumière a jailli …Tu as rencontré l’Amour, Tu as rencontré la Vie, Tu as rencontré Celui qui est Amour, Celui qui est la Vie, Celui qui était toute ta vie.

Tu aimais la vie, Marie Claire, tu étais pleine de vie, d’enthousiasme et de dynamisme, ce qui, parfois, essoufflait un peu ceux et celles qui étaient à tes côtés. Cette vie débordante, tu voulais la partager, la faire naître autour de toi et je te revois, voilà bien longtemps, me montrant avec un brin de légitime fierté, les jardins verdoyants que tu avais réussi à faire fleurir dans les villages semi désertiques du Goroual au Niger. N’étaient-ils pas la victoire de la vie dans ces terres arides et brûlées de soleil ? Tu avais cru que ce qui paraissait irréalisable était possible et tu avais su communiquer ta volonté de réussir aux villageois.

Le Niger ! En 1962, tu découvrais ce pays du Sahel et tu n’avais pas tardé à déclarer que « vraiment tu n’y resterais pas longtemps, car c’était trop dur ». Ce pas longtemps est devenu un long séjour de 21 ans, passé dans une seule mission, DOLBEL, en pays Songaî. Tu en parlais la langue et à ton arrivée, les gens t’appelèrent familièrement et affectueusement « Kotianicu » c’est-à-dire « petite Annick » en référence à ton nom religieux : Maryannick .

21 ans de bonheur, aimais-tu dire et ton visage s’illuminait. Au volant de ta vieille Jeep tu fonçais hardiment dans le sable, n’oubliant aucun village, y rencontrant tous les habitants, musulmans ou chrétiens, sans distinction, t’asseyant avec eux et partageant sans manières la boule de mil, cherchant avec la participation de tous, avec les hommes bien sûr mais aussi avec les femmes, et tu avais dû batailler car cela n’allait pas de soi, comment améliorer la vie de chacun avec des moyens simples et adaptés aux conditions du pays. Et surtout tu gardais le souci de former des hommes et des femmes qui un jour prendraient le relais.

Tu as largement participé, par la catéchèse et par la formation des catéchistes avec le Père Jean- Marie DUCROZ au développement de la petite communauté chrétienne du Goroual née sous l’impulsion de Douramane. Aujourd’hui, cette Communauté a grandi et a donné des chrétiens solides dans leur foi et leurs engagements.

Ce dynamisme, cette volonté de faire bouger les choses, ce désir d’annoncer la Parole de Dieu et de partager ta Foi, simplement, sans prosélytisme, tu les puisais en Celui qui est la source de toute Vie.

En 1990, l’équipe de Dolbel, Père et Sœurs, passe le relais et en 1992 tu rejoins Ouagadougou au Burkina Faso. Toujours animée par ce désir de servir la Vie, tu consacres une partie de ton temps aux handicapés accueillis à l’Arche de Jean Vanier.

En 1998, rappelée en France, à Lyon, pour un service de la Congrégation, tu adoptes vite la Paroisse et le quartier du Point du Jour par qui tu es aussi adoptée comme en témoigne ce matin, la présence en cette Eglise de tes nombreux et fidèles amis de ce quartier. Une grande partie de ton temps est consacré au service de la province de France, d’abord comme Conseillère et ensuite comme provinciale en 2004. Tu es aussi chargée de la formation des jeunes Sœurs et tu collabores activement à l’inter-noviciat.

Pour tout cela, et pour tant d’autres choses encore, ce matin nous voulons rendre grâce.

Merci Marie Claire pour tout ce que tu as été pour nous, tes Sœurs de la Province de France : merci d’avoir été une « vraie fille du Père Planque » passionnée par la Mission, une femme de prière , une femme de foi –foi reçue de ta famille aimais-tu à rappeler. Merci pour ta fidélité à ta consécration religieuse. Ta vie était enracinée en Dieu et c’est en Lui que tu puisais ton attention aux autres, particulièrement aux plus pauvres, aux plus faibles. Merci pour l’exemple de ton courage dans ta longue lutte contre la maladie et la souffrance.

Tu aimais ta Congrégation et le Père Planque et l’un de tes plus grands regrets aura été de ne pouvoir participer à la clôture de l’année du centenaire de sa mort, année que tu avais ouverte avec tant de joie, en août dernier au Moulin à Vent, année que tu avais préparée avec beaucoup d’enthousiasme et de ferveur. Nous croyons que le 26 août prochain à Chemy, tu seras là avec nous, présente …Comment pourrait-il en être autrement ?

À vous tous, prêtres, religieux, religieuses, amis , venus si nombreux partager notre prière et notre espérance, merci au nom de Marie Claire, merci au nom de notre Supérieure Générale, au nom de la province et au nom de la Communauté de Sainte Foy., pour votre présence et votre amitié.

« Je vais prier pour vous aussi » Ce sont les dernières paroles que m’a dites, Marie Claire. Ce matin, elle les dit à chacun et chacune d’entre nous. : « Je vais prier pour vous aussi ! »

La lumière a jailli, Marie Claire ! Les bras de Dieu se sont ouverts ! Tu es dans la Lumière… Aide-nous à poursuivre la route dans la fidélité, la confiance et la joie, en vraies filles de Dieu, vivant la Mission selon l’esprit du Père Planque avec Notre Dame des Apôtres et la force de l’Esprit Saint.

Gabriel Myotte Duquet, Revue Spiritus

Ce matin, je prends connaissance du décès de Sœur Marie-Claire Charles. Vous savez mieux que moi comment cette femme a vécu intensément sa relation à Dieu, sa vie religieuse et sa vie missionnaire au sein de votre Congrégation, dans les divers pays et postes où elle a décliné ces différents appels. Vous savez mieux que moi quelle richesse de vie s’est épanouie en elle durant toutes ces années données sans compter au Seigneur et à l’Afrique.

Aussi, je partage avec vous et avec toutes les religieuses de votre congrégation la peine et le désarroi qui est notre lot quand une Sœur, un Frère, nous quitte pour aller recevoir de la main de Celui en qui elle, il avait mis son espérance la couronne des élus. Avec vous, je rends grâces au Seigneur pour le témoignage de foi, d’énergie et de courage que nous laisse sœur Marie-Claire.

Sœur Marie-Claire a participé activement à la revue Spiritus. Au comité de rédaction, et au Bureau. Elle a contribué grandement à la qualité de réflexion de la revue et a toujours veillé à sa large diffusion au sein des instituts missionnaires. L’attachement de Sœur Marie-Claire à son Seigneur, autant que son amour de l’Église et sa passion pour la mission étaient sans ambiguïté. Ils transpiraient dans chacune de ses interventions et dans ses articles. Sa réflexion ne laissait pas indifférent. Elle a su transmettre à l’équipe de Spiritus quelques convictions, et par là donner à la revue une tonalité qu’elle n’aurait pas eue autrement.

Au nom de tous les membres du Bureau de la revue, au nom de l’équipe de rédaction et du comité de rédaction auquel elle s’est étroitement associée durant de longues années, je voudrais dire un grand merci à la fois à Dieu et à votre congrégation. Je m’associe à toutes les prières de demande et de reconnaissance que provoque son décès. Je demande aussi au Seigneur de bénir votre congrégation et de susciter des vocations missionnaires au sein de l’Église de France afin que la mission de l’Église portée par nos congrégations respectives trouve un élan nouveau et demeure le signe de l’amour indéfectible du Seigneur pour tous, spécialement ceux qui sont loin !

Dans la communion de l’Esprit Saint,
Gabriel Myotte Duquet, Président de l’association Spiritus,
Provincial de France de la Congrégation du Saint-Esprit.

En date du : 4 mai 2007


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