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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Juillet 2013

LA VIE ...

A la salle d’accouchement, pour Catherine, lépreuse, le moment est venu de donner la vie. Amputée de la jambe droite, les mains paralysées et déformées, il lui reste, malgré un visage marqué de cicatrices, des yeux d’ange. Cette vie, cet enfant, elle l’attend comme le soleil après l’hiver. Exclue du monde des vivants, repoussée, elle a trouvé un peu de vie et de joie avec un compagnon aussi atteint qu’elle. C’est un miracle que cet achèvement de neuf mois d’attente, menacés chaque jour. Comment un bébé magnifique, une vie peut-elle sortir de ce corps presque mort ? C’est une petite fille vigoureuse, qui pousse un beau cri. Puis, c’est le drame. J’ai vu ! Et lorsque je donne le bébé à Catherine, elle voit aussi : une petite dent est déjà là, et un sixième orteil au pied droit, comme pour compenser le manque de sa maman. Mais dans la coutume akan, un enfant qui naît ainsi est un diable, il s’est trompé de genre. Il doit mourir. Et ceux qui ignorent Catherine depuis des années le sauront vite. Personne ne doit voir le bébé avec ces attributs. Il faut agir vite, Catherine supplie. La petite dent est facile à enlever, c’est du cartilage. Pour le 6ème orteil ce sera plus long. Mais je mets un pansement pour cacher le travail. Que sera cet enfant ? Eh bien, 20 ans après, la voici adjudant-chef dans l’armée, éclatante de vie, d’initiatives et de force. Elle témoigne de sa foi avec audace auprès de ses collègues militaires qui l’admirent.

Et sa maman donc ! De la mort a jailli la vie. La vie à tout prix. Nous avons dans les médias tant d’exemples où le monde déploie tous ses moyens pour retrouver un enfant perdu, sauver un enfant atteint d’une leucémie, retrouver des survivants d’une catastrophe. Combien de démarches de couples pour avoir un enfant. Et à l’inverse quel gaspillage de vie dans les guerres, les avortements, les règlements de compte, les abus de toutes sortes, les coutumes, les accidents et même les lois qui s’insèrent dans ce ballet de mort. Mais cette vie, elle nous est donnée, chargée de toutes ses potentialités, de toute sa liberté, de toutes ses capacités d’amour. Qu’en faisons-nous ? A Salima au Liban, les sœurs NDA essayent de faire revivre un village ravagé par la guerre. A Ferkessedougou, en Côte d’Ivoire, Lynn sauve des bébés orphelins avec du lait et beaucoup d’amour. Aux Avenières, en France, les isolés, délaissés, démunis retrouvent vie, entourés par l’équipe du Secours Catholique où sont insérées les sœurs. Et à Abidjan, pendant 41 ans, Sœur Michelle a sauvé des vies par son engagement dans l’EMI. Nous sommes tous des sauveurs de vie si nous ouvrons notre cœur pour déverser sur ceux que nous rencontrons et accompagnons, des doses d’amour et d’amitié. Et en ce temps qui suit la Pentecôte, nous savons mieux encore où recharger nos batteries pour continuer de garder ce monde en vie !… Sœur Christiana ROUSSEY, nda – En correspondance n° 33

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