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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Témoignage de Magda


Magda, une jeune sœur égyptienne infirmière, est venue à Lyon, en septembre 2006, pour faire un stage de quatre mois de médecine tropicale à l’Association médicale Missionnaire (AMM). Elle a ensuite mis tous ses talents et sa grande générosité au service des malades et dans l’animation missionnaire.

Je me suis tout de suite sentie à l’aise dans cette ville de Lyon, paisible et bien organisée. J’ai apprécié les cours théoriques et les stages pratiques, assurés par une trentaine de professeurs, dont la moitié sont bénévoles : cette formation constitue vraiment une bonne base pour ma future mission en Afrique.

J’ai ensuite travaillé bénévolement un mois à Béthanie. C’est une maison à Villeurbanne(69) qui accueille une quinzaine de personnes retraitées, et qui ont besoin d’être aidées, pour un séjour temporaire. Cette maison ne fonctionne que grâce aux bénévoles, médecins, infirmières, aides-soignantes. Des religieuses y sont présentes. À Béthanie, c’est bien l’esprit de famille qui règne entre les résidentes et les bénévoles.

Pendant notre travail, l’écoute est très importante. Chacune avait sa propre histoire à partager, une histoire d’amour, la naissance du premier enfant, le départ d’un mari, ne pouvant pas supporter le handicap ou la maladie de sa femme, un veuvage, un enfant qui ne vient jamais la visiter.
Une autre reçoit une visite deux fois par semaine, même si elle est perdue et ne se souvient plus du nom de ses enfants. Mais ils continuent de venir, c’est une façon pour eux de dire merci à celle qui les a mis au monde et les a soutenus jusqu’à la vie adulte. Cette relation est faite de confiance et d’amour. Ce n’est plus la parole, mais le silence, qui parle. Ce n’est plus l’oreille qui écoute, mais c’est le cœur. Cette expérience m’a montré comment on vit les relations, jusqu’au bout, même quand la personne n’est plus consciente. C’est la fidélité, malgré tout.

Tous ces bénévoles m’ont beaucoup touchée. Nous ne connaissons pas cela en Égypte, où la générosité et la solidarité sont plutôt tournées vers la famille. Mais ces engagements ne font pas oublier à l’Église les importants défis qu’elle doit relever : les jeunes sont plus préoccupés par la technologie et les loisirs que par la foi. Ont-ils encore besoin de Dieu ? Comment les attirer vers Dieu ? C’est très difficile. Les familles ne donnent pas toujours les bases de la foi à leurs enfants. Taizé est un lieu où ces questions sont portées, dans la prière et les échanges.

En mars, j’ai passé un week-end à Taizé avec un groupe d’étudiants étrangers (Pologne, Haïti, Chine, et de nombreux pays d’Afrique). Sur place, nous avons rencontré de nombreux autres jeunes des quatre coins du monde. Langues, nationalités, couleurs, cultures étaient différentes et ne nous ont pas empêchés de faire connaissance et de communiquer. Cela a été pour moi une grande richesse de m’ouvrir à tous ces jeunes si différents et de savoir comment ils vivent leur foi dans leurs pays respectifs. Taizé, pour moi, a été une rencontre avec Dieu, avec moi-même et avec l’autre. Nous étions unis par la prière, qui invitait à répéter des refrains méditatifs, en toute langue ; unis aussi dans les temps de rencontre sur notre expérience de foi, avec un frère et un groupe de jeunes, anglophones ou francophones. Ce qui m’a touchée c’est la réponse des jeunes : ils sont vrais avec leurs convictions. Ils parlent librement, sans honte, ce qui m’a encouragée à parler, à partager. Notre rencontre et notre week-end se sont terminés avec le chant « Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais » ; ce refrain est devenu ma prière depuis ce jour-là ; je vous souhaite de vivre cette expérience, cette rencontre avec Dieu, ce voyage au fond de vous-mêmes pour découvrir ce trésor, cette grâce qui est en nous et pour remercier Dieu pour notre foi.

J’ai eu ensuite la chance et la joie d’aller à Lourdes, du 10 au 24 avril 2007 pour participer à un service d’animation missionnaire à l’Espace Mission. J’accueillais différents groupes intéressés par le thème missionnaire. J’orientais les pèlerins dans leurs découvertes, je répondais à leurs interrogations, j’animais les groupes plus ou moins nombreux mais toujours curieux. J’avais préparé une petite exposition sur l’Église copte en Égypte, ainsi qu’une conférence suivie d’un débat.

À la fin de cette expérience, j’ai découvert que j’avais donné mais aussi beaucoup reçu : des grâces de partage, de prière et de communion avec les pèlerins.

Les processions mariales, tous les soirs, étaient une vraie Pentecôte, où l’Esprit rassemble tous ces jeunes de toute langue, de tout pays, sous la protection de la Vierge Marie. J’ai aussi beaucoup échangé avec les animateurs et animatrices des groupes. J’ai été très touchée par les bénévoles venus exprès pour aider les malades, malgré les charges familiales, ou l’âge. Beaucoup ont l’habitude de venir chaque année.

Sœur Magda Talaat

En date du : 12 mai 2007


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