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« Jusqu'aux extrémités de la terre, vous serez mes témoins »
Sœurs Missionnaires Notre Dame des Apôtres
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 Dernière mise à jour
 le 1er décembre 2015

Sœur Evelina Soulier, Yantala (Niamey – Niger)


(Extraits du mot de remerciement d’Evelina, célébrant 50 ans de vie missionnaire en Afrique, au Bénin puis au Niger, le 12 mars 2006)

Je remercie le Seigneur de m’avoir permis de célébrer cette fête ici, à Yantala, au milieu de mes sœurs, de mes nombreux amis et dans cette communauté de Yantala que j’ai vu grandir depuis 14 ans.

Au Bénin : une mission de rencontre et d’éducation

Que de chemin parcouru depuis le 8 septembre 1946 où je posais le pied sur le sol africain en débarquant à Cotonou. À Grand Popo, j’ai parcouru la ville en tous sens avec une sœur pour rendre des visites aux familles, aux anciens et anciennes, aux malades. Puis me voilà partie pour Savé. L’école était ma première activité, mais que de visites dans les quartiers ! En 1954, je suis rentrée pour un temps de congé. Au retour, c’est Natitingou qui m’attend. C’est un autre aspect du Dahomey, très attachant également. Je retrouve l’école, les enfants Sombas et Yoabous, ainsi que les pères de la SMA, dont le père Matthieu. J’ai été efficacement aidée par Mme Maga. À la fin d’une retraite à Sakété, on m’annonce que je dois aller au Niger. Que de larmes pour quitter ce cher Dahomey ! Je ne savais pas que le Niger m’apporterait tant de joie, ni que j’y resterais si longtemps.

Au Niger

L’école de Niamey

J’arrive donc à Niamey le 19 septembre 1955, à 31 ans. C’est encore l’école qui m’attend. Le premier bâtiment de trois classes n’était pas encore terminé ; les élèves occupaient une salle de couture et une autre salle était occupée par la maternelle. Je me retrouve avec onze élèves, trois du CM2 et 8 du CM1. Je prends aussi les élèves du CE2. Cette petite école de 212 élèves, avec la maternelle, était très familiale. Parents et élèves étaient proches de nous, de toute la communauté. L’école s’agrandit, trois nouvelles classes ouvrent en 1957, ainsi que deux classes maternelles. En 1958, c’est l’agrandissement de la maison ; en 1963, six nouvelles classes. En octobre, nous avons donc douze classes, avec des cours dédoublés, et je suis chargée de cours. En octobre 1964, Marthe Douramane prend ma classe, et j’assure la direction de l’école. Des cours de morale sont organisés pendant que les enfants catholiques suivent la catéchèse.

Naissance et croissance d’une Église

Par l’école, j’étais en contact avec de nombreuses familles, et de très forts liens d’amitié se sont créés. J’ai eu aussi une attention toute particulière pour les enfants métis. Je me suis beaucoup occupée des enfants et des jeunes des Ames vaillantes ou des colonies de vacances. Mon regard était aussi tourné du côté des chrétiens songhaïs. Avec quelques familles de Dolbel, où une communauté NDA venait d’être fondée, et de Doutchi, la jeune Église nigérienne commençait.

Zinder : une communauté unie

En 1968, c’est la communauté de Zinder qui m’accueille, où je passerai dix ans. Je suis chargée des écoles de garçons et de filles. À la fin de l’année 1969, nous accueillons les pères Guy Romano et Jacques Pardon. Ils sont jeunes et vont mettre un sang nouveau dans la petite communauté très sympathique et très ouverte de Zinder. Guy apprendra très vite le haoussa pour être plus en contact avec le monde nigérien. Nous formons une bonne petite communauté avec les sœurs de l’Assomption qui tiennent le Collège Fatima. Sœur Christiane Tarare viendra nous rejoindre en 1972 et ouvrira tout de suite un centre féminin. Même déchargée de cours pour assurer l’accueil, je garde un contact avec les élèves en assurant les cours de français et de morale.

Niamey

En 1978 je suis rappelée à Niamey. Je retrouve cette école que je connais si bien. Les enseignantes sont presque toutes des anciennes élèves. C’est la période où sont créées les associations de parents d’élèves. Certains membres sont très efficaces et me facilitent la tâche, surtout en 1990, lorsque commencent les grèves. Nous pouvons accueillir des enfants de 4 ans, et deux nouvelles classes sont aménagées à cet effet. Le travail de bureau étant de plus en plus lourd, un secrétaire est engagé, ce qui me permet d’être plus présente à l’accueil des parents et des amis. Nous voilà arrivés en juin 1991, où je prends ma retraite de l’enseignement. Le professeur Bernard Guillien et moi sommes récompensés par le Gouvernement du Niger. Et c’est un ami de longue date, M. Adamou Aboubacar, Ministre de l’enseignement, qui me remet la médaille d’officier du mérite du Niger. J’en suis très touchée et émue. Je prends alors une année sabbatique en France et à Londres.

Yantala

Revenue au Niger en 1992, je suis à Yantala. Avec Nicolas, nous réorganisons la bibliothèque et nous mettons en place des cours d’alphabétisation pour adultes ainsi qu’un centre féminin. La communauté chrétienne devient de plus en plus nombreuse, et l’église sera agrandie. Je souhaite que cette communauté soit toujours plus unie, avec la mise en place des CEB dans les différentes zones.

« N’oublie pas que tu as aussi une nombreuse famille au Niger », m’a dit un de mes amis musulmans. Cela, je ne peux l’oublier et vous resterez tous très proches de moi. Au quartier Liberté, mon nom est zankey gna.

En date du : 6 juillet 2006


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